Bracelet

10042008

Un voyage au monde des bijoux berbère




le bijoux kabyle

26032008

Bijoux Kabyle En argent émaillé, 22 cm de circonférence ; ce bijoux kabyle fait partie des bijoux composant la parrure traditionnelle des femmes de Grande kabylie. Dans beaucoup de régions, c’est le bijou que le mari achète à la naissance d’un garçon, c’est dire le prestige de cet objet.

Eudel rapporte une chronique qui ajoute à l’importance de la tabzimt : Au XVI eme siècle, les Ath yanni ( beni yenni ) faisaient partie du célèbre royaume de Koukou , Koukou est dans la tribudes ath yahia, qui n’est séparée des ath yanni que par la tribu des ath menguellate, fondée dans le djurdjura par Ahmed El-Qadi, ancien magistrat chassé de Vgayeth ( bougie ) lors de la prise de cette ville par les Espagnoles. Ce royaume… fut en guerre avec celui de
la Qualâa des beni abbes où régnait le sultan Abd-El Aziz… Cette guerre dure plus d’un siécle et à une certaine époque, les sujets du sultan de koukou vainquirent les beni abbes. Une famille de cette tribu alors renommée pour l’habileté de ses ouvriers armuriers et bijoutiers, fut ramenée prisonnière chez les at yanni… C’est à cette époque que les femmes des ath yanni portérent en signe de joie le bijou grand comme une médaille devenu
la Tabzimt. Légende ou histoire,
la Tabzimt reste un bijou particulièrement glorieux tant par l’usage ( la naissance d’un garçon ) que par son poids. Aujourd’hui, ne se fabrique que sur demande.

Bijoux Kabyle En argent émaillé, 22 cm de circonférence ; ce bijoux kabyle fait partie des bijoux composant la parrure traditionnelle des femmes de Grande kabylie. Dans beaucoup de régions, c’est le bijou que le mari achète à la naissance d’un garçon, c’est dire le prestige de cet objet.

Eudel rapporte une chronique qui ajoute à l’importance de la tabzimt : Au XVI eme siècle, les Ath yanni ( beni yenni ) faisaient partie du célèbre royaume de Koukou , Koukou est dans la tribudes ath yahia, qui n’est séparée des ath yanni que par la tribu des ath menguellate, fondée dans le djurdjura par Ahmed El-Qadi, ancien magistrat chassé de Vgayeth ( bougie ) lors de la prise de cette ville par les Espagnoles. Ce royaume… fut en guerre avec celui de
la Qualâa des beni abbes où régnait le sultan Abd-El Aziz… Cette guerre dure plus d’un siécle et à une certaine époque, les sujets du sultan de koukou vainquirent les beni abbes. Une famille de cette tribu alors renommée pour l’habileté de ses ouvriers armuriers et bijoutiers, fut ramenée prisonnière chez les at yanni… C’est à cette époque que les femmes des ath yanni portérent en signe de joie le bijou grand comme une médaille devenu
la Tabzimt. Légende ou histoire,
la Tabzimt reste un bijou particulièrement glorieux tant par l’usage ( la naissance d’un garçon ) que par son poids. Aujourd’hui, ne se fabrique que sur demande.

AVZIM ( au pluriel : Ivzimen)


Grande fibule triangulaire en email cloisonné. On retrouve comme dans l’appelation kabyle Tabzimut, les racines du mot arabe Bzima, qui veut dire boucle (racine zm: fermer). Cette fibule triangulaire a 28 cm fois 15 cm . Elles se portent par deux, reliées par une chaîne qui soutient souvent un porte-talisman triangulaire en émail cloisonné aussi. Comme la tabzimut, elle est travaillée sur les deux faces. Au recto, ornée de coraux et , au verso, uniquement un travail en émaux coisonnés bleu et vert. La fixation des vêtements par les fibules se fait par l’ardillon sur lequel pivote un cercle presque fermé dans lequel on pince l’étoffe.

Verso de Tavzimt


En argent émaillé, 22 cm de circonférence ; elle fait partie des bijoux composant la parrure traditionnelle des femmes de Grande kabylie. Dans beaucoup de régions, c’est le bijou que le mari achète à la naissance d’un garçon, c’est dire le prestige de cet objet. Eudel rapporte une chronique qui ajoute à l’importance de la tabzimt : Au XVI eme siècle, les Ath yanni ( beni yenni ) faisaient partie du célèbre royaume de Koukou , Koukou est dans la tribu des ath yahia, qui n’est séparée des ath yanni que par la tribu des ath menguellate, fondée dans le djurdjura par Ahmed El-Qadi, ancien magistrat chassé de Vgayeth ( bougie ) lors de la prise de cette ville par les Espagnoles. Ce royaume… fut en guerre avec celui de
la Qualâa des beni abbes où régnait le sultan Abd-El Aziz… Cette guerre dure plus d’un siécle et à une certaine époque, les sujets du sultan de koukou vainquirent les beni abbes. Une famille de cette tribu alors renommée pour l’habileté de ses ouvriers armuriers et bijoutiers, fut ramenée prisonnière chez les at yanni… C’est à cette époque que les femmes des ath yanni portérent en signe de joie le bijou grand comme une médaille devenu
la Tabzimt. Légende ou histoire,
la Tabzimt reste un bijou particulièrement glorieux tant par l’usage ( la naissance d’un garçon ) que par son poids. Aujourd’hui, ne se fabrique que sur demande.

AMESLUH

bracelet en argent émaillé

Bracelet en argent émaillé , mesure 9 cm de haut ; se ferme à l’aide d’une charnière cachée par une plaquette émaillée. On retrouve les éléments classiques du bijou kabyle : filigrane torsadé, calottes de métal, sertissures de corail. Les femmes kabyles les portent toujours par paire et elles les gardent pour vaquer à leur occupations. Ils accompagnent la vie de la femme et on retrouve souvent leur évocation dans des chansons ou des poésies.

Bracelet aux émaux,
Dans les monts Aydel
Tu es prisonnier
De la neige et du vent.

Bracelet d’argent clair
Perdu à la fontaine,
Dis-moi, le bien-aimé,
Qu’est-il devenu?

Bracelet de corail
Au temps des olives,
Va dire au jeune homme
Que je suis délaissée.

Poème kabyle recueilli par taous Amrouche ,le grain magique.

DIADEME

Forme Berbère de Assaba , qui désigne aussi un diadème dans les villes.
Haut de 16cm et long de 58 cm , composé de cinq plaques en argent émaillé, ornées de pendeloques et reliées entre elles par des anneaux et des demi-sphères.
Bijou très ancien et marqué d’une grande charge rituelle , Symbole de l’alliance entre les familles, la mariée le porte le jour de son mariage ; c’est aussi un mot qui représente l’alliance entre les clans, les familles.
C’est ainsi qu’en cas de guerre entre tribus, la famille dont une des femmes a été mariée dans le camp adverse, donc qui a porté la thaassabith, a droit à la protéction de la tribu en guerre, Elle est en dehors de la guerre. Cet usage, dont le premier rapporteur a été Ibn-khaldoun, est appelé l’assabah, l’alliance entre les tribus en cas de guerre.

Les bijoux kabyles.

Leur particularité est la présence d’émaux de couleurs différentes (bleus, verts, jaunes pour les pièces récentes) qui contrastent avec le rouge vif du cabochon en corail serti. L’émail est une poudre qui se compose en général de sable, de minium, de potasse, et de soude finement broyés. A température élevée, il se vitrifie. Les différents oxydes utilisés pour le teinter sont :

·        l’oxyde de chrome pour le vert foncé translucide,

·        l’oxyde de cobalt pour le bleu translucide,

·        le bioxyde de cuivre pour le vert clair opaque

·        le chromate de plomb pour le jaune.

La préparation en est complexe et de nos jours, les artisans se contentent d’acheter des émaux prêts à l’emploi.
La technique de l’émaillage pratiquée en Kabylie revêt un caractère particulier qui consiste à délimiter les parties des bijoux destinées à être colorées. Pour cela des fils en argent sont soudés sur une plaque d’argent. Ils délimitent des compartiments qui reçoivent les émaux. En outre une concentration plus ou moins importante de substance colorante permet d’obtenir des couleurs plus ou moins vives ou plus ou moins sombres, mais la marge de manœuvre du bijoutier est très étroite. Après un séchage à l’air ambiant, la pièce de bijouterie est placée dans un four. Les émaux ne prendront un aspect brillant et lumineux qu’après avoir été refroidis. La moindre erreur de dosage ou de température peut entraîner une catastrophe. Trop concentré ou au contraire trop dilué, le colorant ne cristallise pas ou donne un résultat médiocre. De plus aucune reprise n’est possible. Cependant, l’artisan a une très grande connaissance de son travail et il rate rarement une pièce, allant même jusqu’à obtenir de très subtiles variantes de couleurs.
Outre l’émaillage l’artisan utilise d’autres techniques telles le filigrane, la granulation, l’incision et la gravure sur plomb.
Pour la soudure, l’artisan kabyle utilise différents titrages d’argent. Le corps du bijou est en argent pratiquement pur (titrage supérieur à 900 millièmes). Pour les soudures les alliages utilisés vont de 831 millièmes à 475 millièmes d’argent par partie (la partie restante étant du borax et du cuivre) et le bijoutier utilise cinq alliages de titrages décroissants. Leur température de fusion va de 830° à 700°c. S’il multiplie les soudures, l’artisan doit en effet utilisé des alliages dont le titrage est de plus en plus faible et dont le point de fusion est de plus en plus bas. Ceci signifie que lorsqu’il fait une soudure, il est capable d’évaluer à moins de trente degrés près la température de sa lampe à souder, sans quoi il dégraderait gravement le bijou qu’il travaille. La température optimale de soudure d’un alliage étant d’une petite dizaine de degrés au-dessus de son point de fusion, l’atteindre est un véritable exploit d’autant que la lampe à souder est le plus souvent artisanale. Malgré ces contraintes extrêmes, l’artisan kabyle rate très rarement une soudure, sachant obtenir la température optimale. Plus qu’un artisan, il est un artiste du feu !

Les bijoux kabyles typiques sont les suivants(1) :

·        L’ihelhalen (chevillères) qui peut être de grande dimension (jusque treize centimètres de haut.) Il se distingue par une absence de décoration émaillée sur le corps principal de l’objet. Celle-ci est réservée aux plaques qui recouvrent le crochet de fermeture. Le travail de décoration se fait par incision et par gravure sur plomb. Un gros cabochon de corail ceint de boules en argent vient compléter l’ornementation de la chevillère.

·        Le ddah ou amesluh est un bracelet plus petit que la chevillère. il est émaillé ou gravé sur plomb.

·        Les fibules se fixent sur l’étoffe par un ardillon à l’intérieur duquel coulisse un anneau. Il en existe de nombreux types :

·        Les idwiren et les taharaht sont de petites tailles.

·        les tibzimin sont des fibules de grandes tailles.

·        les ibzimen sont des fibules triangulaires.

·        L’adwir émaillé est monté sur une pièce de monnaie. Il est de forme ronde avec des cabochons de corail sertis, complétés par des pendeloques.

·        Le taharaht est une petite fibule constituée d’un cercle épais en argent sur lequel sont soudées des boules d’argent.

·        Le tabzimt est la pièce maîtresse de la parure kabyle. C’est une grande fibule ronde richement décorée et qui se porte sur la poitrine. Cet objet comporte de nombreux filigranes. des émaux, des boules d’argent et une multitude de coraux.

·        Le taessaht est un diadème qui est devenu très rare de nos jours. Il était destiné à orner le front. Il présente une décoration faite d’émaux, de gros cabochons de corail ainsi que de boules d’argent.

·        Les boucles d’oreille sont de plusieurs types :

·        Les letrak sont des boucles d’oreille de type très ancien qui présentent un anneau ovale orné à l’extrémité par des sertissages de corail et d’émaux.

·        Le tigwedmatin est composé d’anneaux ornés par du corail aux extrémités. Ces boucles d’oreille sont agrémentées de plaques rondes émaillées et pourvues de pendeloques allongées.

Il faut ajouter qu’en petite Kabylie existe une technique très particulière de bracelets d’argent moulés qui ressemblent à ceux des Aurès.
Nous vous proposons un diaporama qui vous présente les principaux bijoux kabyles et plus particulièrement ceux de haute Kabylie. Pour l’atteindre, cliquez sur le lien ci-dessous.

Bijoux kabyles

Les origines des bijoux kabyles restent très discuté.
Les techniques de fonte et de moulage de l’argent remontent de toute évidence à l’antiquité, voire à la préhistoire. Bien des décorations, et plus particulièrement les pendeloques, ressemblent à s’y méprendre à celles connues de la fin de l’Age du Fer et de l’Age du bronze en Afrique du Nord. On sait maintenant que ces techniques se sont maintenues durant l’antiquité, et qu’elles étaient courantes dans toute l’Afrique du Nord. La bijouterie de petite Kabylie, proche sur de nombreux points de celle des Aurès, en est l’héritière directe.
L’origine des bijoux de Grande Kabylie est une question beaucoup plus complexe.
Il est certains que l’origine de l’armature des bijoux est très souvent antique. C’est le cas des bracelets, de certaines fibules, de nombreuses boucles d’oreilles.
Leur ornementation pose de toutes autres qiestion. On a pensé un temps que l’utilisation de l’argent filigrané et des coraux était due à l’invasion barbare des Vandales, dont bien des bijoux sont proches. Cette hypothèse se heurte à des difficultés considérables : les Vandales n’ont jamais pénétré en Grande Kabylie, et ils ont même été chassés d’Afrique du Nord par la résistance des princes Imazighen. On ne voit donc pas comment ils auraient pu influencer la bijouterie kabyle.
On sait maintenant que ces techniques, introduites par les Vandales et les Wisigoth, connurent un grand succès en Espagne, et qu’elle s’y maintinrent après la conquête musulmane. C’est aussi sous les musulmans andalous que la technique des émaux fut mise définitivement au point. De 1609 à 1614, la reconquête de l’Espagne par les chrétiens entraîna l’exil d’au moins deux cent milles personnes. Elles s’établirent au Maroc, en Algérie centrale, en Kabylie et en Tunisie. On pense fortement que cet exil massif amena de nombreux bijoutiers, et notamment des juifs en Afrique du Nord. Ils y auraient introduit leur savoir-faire. Un autre argument plaide en faveur de cette hypothèse : on ne retrouve dans cette bijouterie que très peu de symboles Imazighen, contrairement à la poterie ou au tissage. Jusqu’à un temps très récent (vers 1950) certains bijoutiers marocains produisaient des pièces émaillées qui ressemblaient beaucoup aux bijoux kabyles.
L’existence de bracelets et de chevilléres à fermoir à aiguille, dont on sait qu’ils remontent à la préhistoire, n’est pas contradictoire : il est fort probable que les imazighen ont conservé les modèles anciens de bijoux pour l’armature, et ont intégrés les nouvelles techniques pour la décoration.
Les bijoux kabyles sont sans doute les héritiers d’un ensemble de techniques qui vont de la préhistoire au Moyen Age.

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(1) Les dénominations données ici en langue amazighe sont données à titre indicatif, d’autant qu’il s’agit de transcription. Selon le type de bijoux, de nombreux termes existent. Ceci est également vrai pour les bijoux des Aurès. Aussi, dans les diaporamas, vous trouverez souvent des termes différents, parce qu’ils s’appliquent à des types de bijoux bien particuliers.

 

Ce diaporama vous présente des bijoux kabyles anciens. L’habileté extraordinaire des bijoutiers traditionnels est ici amplement illustrée. L’artisanat a été dépassé, et on peut parler d’art, tant la beauté de ces pièces est remarquable.

Broches

La parure complète est constituée des bracelets, chevillières, boucles d’oreille, du pendentif et du diadème. Ces bijoux sont en argent, ornés de corail rouge et d’émaux. Ces bijoux anciens sont très lourds, mais les femmes ne les enlevaient jamais, même quand elles se consacraient aux tâches les plus rudes.
Photographie : M. Leroul.

Collier en argent. L’armature est constituée de boucles d’argent torsadées. Elle supporte des pendentifs ornés de coraux, d’émaux et de boules d’argent. Le fermoir, une boule d’argent, est d’un type très ancien.
Ce superbe pendentif (tabzimt) est typique de la bijouterie de Haute Kabylie. On remarquera les incrustations de corail rouge et les émaux agrémentés de boules d’argent. Il se porte en principe sur la poitrine. Chaque boule d’argent est soudée, selon une technique méticuleuse, grâce à une soudure à fort titrage d’argent. Il faut toute l’habileté de l’artisan pour réaliser des soudures parfaites.
Photographie : M. Leroul.

Ces bracelets (ismesluh) d’argent sont ornés d’émaux de corail rouge et de petites boules d’argent, bien visibles. Chaque bracelet présente une charnière (au centre). A l’autre extrémité du bracelet, un fermoir que la femme bloque à l’aide d’une aiguille permet de l’assujettir au bras. Ce type de fermoir est très ancien, on le connaît depuis l’Antiquité.

Nous vous présentons ici un objet rare. Il s’agit d’un diadème originaire de Haute Kabylie. Il se porte sur le front. Une fois de plus, on remarquera le magnifique ouvrage du bijoutier, tant dans la délicatesse des chaînes que dans le montage des boules d’argent et des émaux.

Émaux, corail, boules d’argent : aucun détail du bijou n’est négligé par l’artisan. Alors que les techniques modernes visent à automatiser la fabrication de bijoux avec des machines de haute précision, le bijoutier kabyle ne connaît que le travail à la main. On ne peut qu’admirer la perfection qu’il atteint.

 

 

 

 

 




Ethnologie du bijou traditionnel

26032008

Ethnologie du bijou traditionnel
« Anneaux de cheville ou le Khoulkhal de la féminité ».

 

Dans les vieux fnadeks, sorte d’échoppes appelées à Constantine “terbi’aâ” où jadis dans la ruelle limitrophe à Rahbet Essouf l’orfèvrerie offre la gamme des bijoux que la femme algérienne admire à partir des vitrines, l’auvent d’un comptoir où sont exposés les plus beaux modèles de parures. L’instinct naturel de la femme avait créé le bijou, car pour plaire, elle chercha depuis les temps les plus reculés à s’embellir pour être coquette.
Au mouvement spontané du corps, la femme relevant sa chevelure cachée sous la m’laya (voile noir) ou sous le haïk (voile blanc), où les tresses réunies en un diadème révèlent toute l’esthétique de l’éternelle séduction féminine, sous le cliquetis des khalkhels, donnant une certaine allure à sa démarche, et les bracelets qui dessinent la finesse des attaches de la main ou du pied.

Généalogie des bijoux

Aussi longtemps qu’on remonte dans l’histoire depuis la mythologie, la ceinture de Vénus, parure de Déesse constellée de gemmes, reflète les couleurs en arc-en-ciel, tissées et lamées d’or et d’argent. La généalogie du bijou est pleine de légendes merveilleuses. La reine de Saba se parait comme une châsse pour visiter Salomon, qui préfère à tout éclat la blancheur pure du lis des champs.
La fleur d’or fut tout d’abord la parure des Egyptiennes, comme elle avait été celle de la première femme. Ce fut le lotus qui eut ses préférences et le scarabée en or fut l’un joyaux préférés des Pharaons. Ninive faisait des perles en pâte émaillée et Babylone connut les bagues servant de cachets incrustant dans la cire le sceau royal. Les monarques assyriens ont ébloui le monde par leur fastidieuse prodigalité.
Les Phéniciens emportèrent le bijou dans leurs courses lointaines et les firent passer du Maghreb, de l’Orient en Occident. Les motifs de décoration des bijoux sont empruntés à la faune ou à la flore. Ce furent de prodigieux artistes dans la fabrication des modèles qui sont infiniment variés. C’est par les Phéniciens que le bijou pénètre en Europe, chez les Etrusques, artisans très habiles pour l’époque, inventeurs du filigrane.
Il est arrivé également chez les Grecs, qui trouvent dans Homère le plus merveilleux des poètes du bijou notamment dans sa description du bouclier d’Achille, qui remplit presque tout un chant de l’Iliade.
La Grèce avait dans les temps les plus reculés des orfèvres d’une grande habileté.
Dans l’Athènes de Périclès, le bijou partage la faveur qui s’attache à tous les arts. Aspasie de Milet, la courtisane philosophe, se montre richement parée à ses amants, dont le plus fastidieux, Alcibiade, étalait aussi devant les Athéniens un luxe effréné.

Femmes berbères et bijoux de tradition numide

A Rome, les femmes adoptèrent les bracelets d’or. Tite-Live rapporte qu’Annibal expédia à Carthage plusieurs boisseaux, remplis d’anneaux d’or et le bijou règne en maître absolu sur
la Rome fastueuse. Mais c’est le temps de l’Andalousie arabe, que les femmes dans leurs vêtements ou dans leurs chevelures mettent autant d’ornements, dans les ceintures, les corsages, les anneaux pour jambes, le tout en or pur.
Les Algériens de racines berbères avaient dans l’œuvre civilisatrice en Espagne avec Tarek Ibn Ziad créé l’art arabe avec les Omeyyades et les Perses au moment des “Foutouhat”. La femme kabyle aime se charger de bijoux qui font valoir son genre de beauté et affirmant son aisance. Les chansons kabyles n’ont jamais manqué de parler des bijoux des femmes, tel ce passage :

“Maîtresse du Khalkhal, Dis-le bien à l’argent des broderies ;
Dis-le à l’or pur. Si je la vois, mon cœur est vivement ému.
Adresse-toi… A la belle au cou si blanc,
Aux dents comme des perles.
O Djouhra, or incrusté”.

Les bijoux de Béni Yenni ou l’art du raffinement.

Les Béni Yenni ont conservé dans leurs modèles les plus vieilles traditions. Leurs femmes portèrent sur le front le Tabzimt. Elles adorent le corail mis sur le bijou par une sertissure solide et par de la cire d’abeille. C’est au XVIe siècle que les Béni Yenni alors faisant partie du célèbre Royaume de Koukou avait reçu une famille des Béni Abbès.
Celle-ci renommée pour l’habileté de ses ouvriers armuriers et bijoutiers, fut amenée prisonnière selon la version de Rinn, chez les Béni Yenni où elle devint la souche du village des Aït Larba. La famille des Aït Maâmar donna le terrain nécessaire à leur installation. L’art d’ornementation kabyle est fait d’un équilibre dans l’ordonnancement de leurs bijoux dans toute la sobriété mais à construction géométrique précise.

Motifs et beauté des bijoux sous Salah Bey.

Comme à Tlemcen dont la corporation était placée sous la surveillance d’un “Amine Es Seyyaghine”, autrefois à Constantine du temps de Salah Bey la corporation régissant les bijoutiers relevait d’un “Amine” placé” sous l’autorité du “Caïd El-Bled”, haut fonctionnaire du Makhzen, qui contrôlait l’exécution du travail du maître-artisan dont les articles répondent aux normes d’une honnête fabrication loin des faussaires.
Les plus vieilles pièces conservées dans les familles étaient d’or et d’argent. Les femmes appartenant à des grandes familles s’octroyaient le luxe de beaux motifs venant de Livourne ou de Tunis. Dans les ateliers de fortune, les artisans coulaient l’or et l’argent pour obtenir la gamme des bijoux traditionnels.
On comptait beaucoup de juifs dans cette profession du temps de la colonisation. Chaque orfèvre a son propre poinçon comme, par exemple, les Assoun ont le symbole de la rose, les Hannoun le lièvre, les Allouch le violon, les Toubiana le lion, les Attali un cœur, les Zerbib une grappe de raisin, les David Bensïd, une tête de cheval, etc.
On s’appliquait à mettre en œuvre les plus attrayants bijoux tels les diadèmes, les boucles d’or, les pendentifs, les bracelets, les fermoirs de ceintures et surtout les anneaux de cheville (Khoulkhal) dont les poètes du Malhoun ou poésie populaire en font l’éloge de la femme qui les portent. Le poinçon de l’orfèvre était déposé chez l’amine qui l’appliquait à côté du sien portant le mot “fedjra” (bon aloi) ou argent pur.

La chéchia à base de soltanis.

La beauté du bijou réside aussi dans sa valeur et son poids considéré comme une thésaurisation ou placement d’épargne. Le métier de bijoutier se transmettait de père en fils. A défaut d’héritier mâle, c’est au gendre d’y accéder ou un neveu dont la parenté est la plus proche. Les Constantinoises portaient la chéchia à base de “soltanis” qui étaient des pièces d’or de trois à cinq grammes frappées par les sceaux de l’autorité turque.
Les bijoux des femmes à Tlemcen sont d’une grande valeur tels que la “Ra’âcha” (Ouerdé des juives) qui est une forme de fleur en or ou en argent avec incrustations de perles et de diamants, dont la tige est une longue épingle que l’on plantait dans la chéchia.
Il existait aussi la “Ossaba” qui était un diadème de soie piquetée d’or ou d’argent qui ceint le front et se noue derrière la tête. On trouve aussi des colliers d’orge en or “Kheït Chaïr” qui très souvent sert à garnir le front et se place au-dessous de l’“Assaba”. Les pendeloques dans ce cas tombent jusqu’aux sourcils.
Mais le plus beau collier de l’époque est sans doute le “collier poisson” (Kheït Hout) qui se compose de vingt-quatre pendeloques creuses, suspendues à un cordonnet s’attachant derrière la nuque. Entre chaque pendeloque il y a une perle, un grain de corail ou une pierre précieuse. Au milieu du collier une plaque (ouasta) formée d’un plané d’or, sur lequel sont gravés au burin divers ornements.
Chaque pendeloque, en forme de poisson, est formée de deux pièces d’or estampées, réunies par des soudures, à la tête est fixée une rondelle soudée à un petit anneau perpendiculaire. Enfin un petit cercle réunit les deux parties formant la queue du poisson qui se termine par un anneau auquel est suspendu la main porte-bonheur.

Kheït Er-Rouh ou le Collier de la vie.

Différente, la parure qu’on appelle “Kheït Er-Rouh” est un ouvrage de joaillerie, tout en or composé de dix-neuf chatons demi-sphériques réunis les uns aux autres par des anneaux. Chaque chaton enserre un diamant. Et aux trois chatons du milieu sont adaptées des pendeloques. Le chaton central est entouré d’une couronne hexagonale portant six diamants sertis sur or.
Il y a autant de motifs de bijoux algériens tels la “Khlala” sorte d’épingle-broche, les “Khras” ou “Trac” ou “M’Charef” qui sont des crochets d’oreille garnis assez souvent de perles ou de corail, comme ils peuvent tout simplement être ornés de reliefs gravés.
Il y a des diadèmes sous forme de pendants d’oreille dont la partie supérieure constitue le diadème frontal et de chaque côté de la partie inférieure pendent des chaînettes où sont suspendues des boucles d’oreilles. Il y a autant de motifs des “Khamsa” ou main porte-bonheur planée d’or ou d’argent se met à une chaîne de cou.
La séduction chez la femme autrefois commence par celle qui porte aux pieds les lourds anneaux en or ou en argent que l’on nomme Khoulkhal ou R’dif, qui sont une parure qui date depuis la protohistoire et leur usage s’est perpétué à nos jours.

Le Khoulkhal, expression de l’élégance féminine.

A Constantine, le Khoulkhal est l’expression d’un raffinement de citadinité chez la femme lorsque dans les cérémonies, elle s’habille d’une Gandoura “Katifa” brodée de fil d’or “mejboud” ou “terzi” dont l’histoire remonte aux premières dynasties ommeyyades. La présence turque dans notre pays avait accentué ce prêt-à-porter qui illustre l’élégance de la femme constantinoise.
Annaba est dans l’Est du pays, après Constantine, une ville où les femmes raffolent des bijoux et les bijoutiers fabriquent des modèles très spéciaux réalisés du temps de la colonisation par les Cohen dont le poinçon est un ours, les Haïm un papillon, les Nessim un canard, les Attal une anguille, etc.
A Guelma, les orfèvres juifs ont laissé des motifs dont le poinçon des Nabeth est un oiseau, les Chemla un parachute, les Chaloum une poire.
Ce R’dif (Irdifen) ou chevillère en argent massif est portée par la femme des Aurès, hachuré imitant d’ailleurs les écailles de serpent dont les extrémités se présentent sous forme de tête de serpent à la gueule entrouverte (ihennasen) dont la symbolique pouvait exprimer un totem orné de lunules. A ce sujet, l’ethnologue Tatiana Benfoughal expose au Musée du Bardo les bijoux algériens soutenus par l’historique et les différentes légendes des styles et motifs.
Les Khlakhel (pluriel) sont de différents motifs comme celui qui dont les extrémités se terminent par des boules. En or ou en argent généralement il est creux et cylindrique et a la forme d’un fer à cheval. L’ornementation se compose de rosaces et d’arabesques travaillées au repoussé.
Comme il existe un khalkhal fabriqué au moyen de deux épaisses plaques d’argent réunies par une goupille, se ferme par une tige en métal précieux dont la surface du bijou est généralement recouverte de gravures quadrillées et à fleurs qu’on trouve dans la région du Mzab.
Dans la région sud de l’Oranie, certains khlakhels sont fabriqués au moyen d’un lingot carré d’un centimètre de côté, tourné aussi en fer à cheval portant des ciselures sur les trois faces extérieures et se termine aux deux extrémités par deux boules à facettes. Mais en général la forme de l’anneau est le plus souvent circulaire, parfois ovale.
Dans le même ordre d’idée, il y a lieu de rappeler des ouvrages qui consacrent les descriptifs de l’orfèvrerie algérienne tels celui de F. Benouniche “Les bijoux algériens” Art et Culture SNED Alger 1978, de Tatiana Benfoughal “Bijoux de l’Aurès” dans la série Ethnographie Alger 1993 ou celui de Grange E. “Les bijoux de l’Aurès et leur symbolique” dans la collection Algeria, de M. Bugeja “Les bijoux algériens” dans le Bulletin de
la Société de Géographie Alger 1932, de Camps-Fabrer “Les bijoux de
la Grande Kabilie.

Dr Boudjemaâ Haïchour, Chercheur-Universitaire.

 




Le Bijou amazigh

26032008

Le Bijou amazigh 

Khadija et Laïla Boulmedarat
Parimazigh n°1 

 

Ce n’est pas par «folklorisation» que nous avons choisi de vous présenter le bijou amazigh, mais parce que depuis l’antiquité dans tout son art, il reflète l’histoire de notre grande civilisation. Nous le présentons dans cet exposé pour mieux le faire connaître à tous. En effet, a fabrication s’est toujours faite selon deux techniques. La première consiste en le moulage et le découpage du bijou ; elle est répandue dans toute l’Afrique du Nord. La deuxième, la bijouterie émaillée, introduit les pierres (ambre, corail, verroterie, etc.) ; on ne la trouve que dans trois régions : A Tiznit, en grande Kabylie et enfin à Moknine et à Djerba (Tunisie). 

L’orfèvrerie nord-africaine, s’étant d’abord développée dans le monde rural, a principalement utilisé l’argent. A l’origine un choix économique, l’argent est devenu la caractéristique du bijou amazigh. On définit généralement un bijou comme étant un «petit objet précieux» (Petit Robert), mais le bijou amazigh se distingue à tel point qu’il ne rentre pas dans cette définition. Il est effectivement souvent de grande taille et frôle parfois l’exagération. D’ailleurs certaines pièces sont d’autant plus appréciées qu’elles atteignent des dimensions considérables. Par exemple les fibules (Tizêrzâi) souvent «triangulaires, ont une tête démesurément élargie» et peuvent peser plus de un kilogramme. «Les broches circulaires de Kabylie (Tabzimt) ont [un très grand diamètre] et pèsent jusqu’à huit cents grammes» (Berbères aux marges de l’histoire, G. Camps)

Les pierres dans le bijou ne viennent pas seulement pour le rehausser, mais elles en constituent parfois la pièce principale, c’est notamment le cas des pierres d’ambre (Luban) dans les colliers. Les femmes amazighes se parent de la tête aux pieds. Elles portent presque toujours les bijoux par paires. Ainsi la démesure n’est pas seulement dans la dimension mais également dans la quantité. On le remarque chez la jeune mariée, dont le trousseau peut renfermer jusqu’à plusieurs coffre de bijoux. A la quantité s’ajoute la diversité. Il est vrai qu’il existe plusieurs sortes d’accessoires. Les boucles d’oreilles, que l’on retrouve dans toutes les civilisations, ont une grande importance chez les Imazighen. La femme les porte a différents niveaux de l’oreille, d’où les différents types : Douah, Boukanat, Tixrsin… Les bracelets se portent toujours par paires. Ce sont soit des simples anneaux d’argent (Abzg), soit des anneaux plus larges, incrustés de pierres et se fermant par une chaînette (Tanbailt). Chez les Touaregs, l’héritage de leurs ancêtres est plus marqué. Les bracelets sont ainsi en une pierre, la stéatite. Dans la région de l’Adrar Air, les hommes travaillent la pierre quasiment sur son lieu d’extraction. Quant aux colliers, ils sont d’une grande beauté  ; très chargés, ils recouvrent toute la poitrine. Au Maroc, ils se composent de grosses pierres d’ambre (Luban) qui leur donnent encore plus de force et de lourdeur. Ils peuvent également être constitués de clous de girofle ou de pâtes parfumées. Les fibules (déjà citées) et les chevalières (axellal) sont des bijoux typiquement amazighes. Le front est lui garni par tazra qui met en valeur les yeux comme le visage. 

Plus qu’un objet ornemental pour la femme, le bijou est son seul véritable patrimoine. Il peut également avoir un rôle sacré et prophylactique (qui protège des maladies  : luban, talismans, etc.) Il est communément décrit comme étant essentiellement en argent, mais il convient de préciser que dans le monde urbain, notamment sous le règne de Yuba II, les femmes portaient uniquement des bijoux en or. L’orfèvrerie amazighe est un art-artisanat, qui sculpte le métal lui donnant des formes presque magiques aux couleurs vives. Ainsi le bijou amazigh dans toute sa splendeur, sa diversité et sa force a su défier le temps. 

 


Bibliographie 

  • Encyclopédie berbère, tome X 

  • Berbères aux marges de l’histoire, G. Camps 

  • Images tirées de Splendeurs du Maroc, paru à l’occasion de l’exposition qui s’est tenu sous le même titre au Musée royal de l’Afrique centrale (Tervuren, Belgique) du 30 octobre 1998 au 31 mai 1999. 

 

 

 

 

 




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26032008

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